Le Monde : Michel Houellebecq change d'éditeur pour faire du cinéma - 28/04/2004


C'est le mariage du livre et du cinéma !" Arnaud Lagardère a conclu le séminaire de son groupe, à Deauville, mardi 27 avril, en annonçant un transfert majeur dans le monde de l'édition. Michel Houellebecq est apparu comme un invité surprise devant les 350 cadres du groupe venus du monde entier.
Son prochain roman, dont le titre provisoire est Une île, et qui se passera en Espagne, notamment à Lanzarote, paraîtra en 2005 chez Fayard, et non plus chez Flammarion, son éditeur précédent. Quelques mois plus tard, le film tiré du roman, réalisé par Michel Houellebecq lui-même, sera produit par la société GMT, autre filiale de Lagardère.
"Ce n'est pas la première fois que j'écris une adaptation de mes romans, explique Michel Houellebecq dans un entretien au Monde. Quand on écrit un roman, il y a des intuitions de scénarios qui apparaissent. Je trouve ça difficile de se replonger dans le sujet un an après la sortie du livre. Je suis content d'avoir des interlocuteurs qui sont dans les deux métiers. C'est une nouvelle tentative qui est très satisfaisante, qui me permet d'avoir une séquence de travail assez longue. Pendant trois ans, j'ai la possibilité de ne pas changer de sujet, de rester dans le même univers. D'un roman tel que je le conçois, je pourrais tirer un film, un essai et d'autres choses aussi. L'idéal, c'est de pouvoir rester dans la même obsession en faisant des coupures dans l'écriture du roman pour avancer le scénario. Ça permet de mieux contrôler la manière dont le rythme des phrases et de la narration s'installe. C'est comme un plat qu'il faudrait ôter du four avant de le remettre! un peu pour qu'il soit meilleur."
Avant de se lancer dans ce nouveau projet, il venait d'écrire, avec Emmanuèle Bernheim, un scénario de son précédent roman, Plateforme (Flammarion, 2001), qu'il voulait réaliser lui-même. "Je n'avais pas envie de réaliser Les Particules élémentaires. Mais je voulais tourner Plateforme, car je n'ai pas tout dit sur la transformation visuelle du monde opérée par le tourisme de masse. Il manque des images." Le projet ne pourra voir le jour qu'après l'aventure d'Une île. Il faut a priori faire un effort pour imaginer Houellebecq derrière la caméra, dirigeant des acteurs. Il en ressent le besoin : "Par moments, l'extrême solitude qui accompagne l'écriture d'un roman donne envie de quelque chose d'opposé et d'avoir une équipe."
Alain Salles . ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.04.04

 

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